ana mendieta

Ana Mendieta, née le 18 novembre 1948 et décédée le 8 septembre 1985, est une artiste cubano-américaine, artiste de performance, sculptrice, peintre et vidéaste, surtout connue pour son œuvre d'art « earth-body ». Mendieta est née à La Havane à Cuba. À 12 ans, pour fuir le régime de Fidel Castro, Ana et sa sœur Raquelin sont envoyées aux États-Unis par leurs parents, grâce à l'Opération Peter Pan, un programme de collaboration géré par le gouvernement américain et les organismes de bienfaisance catholiques. Mendieta et sa sœur changent plusieurs fois d'institutions et de foyers d'accueil dans l'Iowa. Mendieta fréquente l'Université de l'Iowa où elle obtient un baccalauréat en arts, une maîtrise en peinture et une maîtrise en Intermedia sous la direction de l'artiste renommé Hans Breder. Tout au long de sa carrière, elle a travaillé à Cuba, au Mexique, en Italie, et aux États-Unis.

Le travail de Mendieta es généralement autobiographique et porte sur des thèmes tels que le féminisme, la violence, la vie, la mort. Mendieta s’est souvent concentrée sur un lien spirituel et physique avec la Terre, plus particulièrement dans sa « Série Silueta » (1973-1980). Pour cette série, Mendieta crée des silhouettes féminines dans la nature, dans la boue, le sable et l'herbe avec des matériaux naturels et fait des impressions de son corps ou de sa silhouette en les imprimant sur un mur, d’où le nom « silhouette sur un mur ».

En 1983, Mendieta reçoit le Prix de l'Académie américaine de Rome. Alors en résidence à Rome, Mendieta créé des objets d'art, y compris des dessins et des sculptures. Elle continue à utiliser des éléments naturels dans son travail.

Ana Mendieta est décédée le 8 septembre 1985 à New York lors d'une chute de son appartement du 34e étage à Greenwich Village, où elle vivait avec son mari, le sculpteur minimaliste Carl André. André a été jugé et acquitté dans cette affaire. Pendant le procès, l'avocat André décrit la mort de Mendieta comme un éventuel accident ou un suicide. La succession Ana Mendieta est gérée par la Galerie Lelong à New York.

Quand elle a commencé sa « Série Silueta » dans les années 1970, Mendieta a été l'un des nombreux artistes à expérimenter les styles émergents du « land art », du « body art », et de l’art de performance.

Mendieta est l’une des premières artistes à combiner ces genres dans ce qu'elle appelle la sculpture « earth-body ».

Elle utilise souvent son corps nu pour explorer et communiquer avec la Terre, comme on le voit dans la pièce de Yagul Imagen, de la Série Silueta au Mexique entre 1973 et 1977. Mendieta recrée également la silhouette féminine autant au moyen de la nature, que d’une toile ou d’un support. Elle utilise son corps pour créer des silhouettes dans l'herbe, elle a créé des silhouettes dans le sable et dans la saleté, elle a créé des silhouettes de feu et les a filmées en train de brûler. Grâce à ces travaux, qui dépassent les limites de la performance, le cinéma et la photographie, Mendieta explore sa relation avec la Terre mère ou la « Grande Déesse » (Great Goddess).

Mary Jane Jacob suggère dans son livre Ana Mendieta : Le « Série Silueta » (1973-1980) que la plupart des travaux de Mendieta ont été influencés par son intérêt pour la religion « santería », ainsi que de sa connexion à Cuba. Pour Jacob, l’œuvre de Mendieta « usage rituel du sang » (Ritualistic use of blood) et l'utilisation de la poudre à canon, de la terre et de la roche est a attribué aux traditions rituelles de la « santería ».

Jacob souligne également l'importance de la figure de la mère, se référant à la divinité maya Ix Chel, la mère des dieux. Beaucoup ont interprété l'utilisation récurrente par Mendieta de cette figure de la mère, et de sa propre silhouette féminine, comme de l'art féministe. Cependant, parce que le travail de Mendieta explore de nombreuses idées, dont la vie, la mort, l'identité et le lieu tout à la fois, il ne peut pas être considéré comme faisant partie d'une idée ou d'un mouvement.

Comme indiqué dans le livre Ana Mendieta: « A Book of Works », édité par Bonnie Clearwater, avant sa mort, Ana Mendieta travaillait sur une série de photogravures et de sculptures rupestres qu'elle avait créées dans un parc de La Havane, à Cuba. Ses sculptures ont été intitulées « Sculptures rupestres ». Clearwater explique comment les photographies des sculptures de Mendieta sont souvent aussi importantes que la pièce qu'ils documentent parce que la nature du travail Mendieta est éphémère. Mendieta passait autant de temps et de réflexion sur l’archivage de ses œuvres qu’elle en passait sur les sculptures elles-mêmes.

Pendant la naissance de ce projet, de retour à La Havane, son lieu naissance, elle en était encore à explorer son ressenti sur le déplacement et la perte. Selon Clearwater, les « Sculptures rupestres » que Mendieta a créées ont également été influencées par les gens de Tainan, natifs des Antilles préhispaniques.

Mendieta a effectué cinq photogravures des « Sculptures rupestres » avant sa mort en 1985. Le livre Ana Mendieta : « A Book of Works », publié en 1993, contient à la fois des photographies des sculptures ainsi que des notes de Mendieta sur ce projet.